Cotiser pour la retraite en tant que freelance : ce qu’il faut savoir

By: Quentin Fabre

En tant que freelance, il est essentiel de bien comprendre les mécanismes de cotisation pour la retraite afin de préparer sereinement votre avenir. Contrairement aux salariés, les travailleurs indépendants ont des régimes spécifiques qui dépendent de leur statut et de leur activité. Que vous soyez travailleur non salarié (TNS), assimilé salarié ou en portage salarial, vos cotisations et vos droits à la retraite varient considérablement. Dans cet article, nous allons vous guider à travers les différentes caisses de retraite, les montants des cotisations et les stratégies pour optimiser votre retraite. Vous découvrirez également comment calculer vos droits et quels leviers actionner pour améliorer votre future pension. Prêt à prendre en main votre retraite en tant que freelance ? Commençons sans plus tarder !

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Comprendre le système des retraites peut sembler complexe, surtout pour les freelances qui doivent naviguer entre différents régimes et caisses. Cet article vise à clarifier les spécificités des cotisations retraite pour les travailleurs indépendants, en expliquant où vont les cotisations, à quel âge partir, comment calculer le montant de la retraite et comment l’optimiser. Que vous soyez travailleur non salarié (TNS), assimilé salarié ou en portage salarial, cet article vous donnera les clés pour mieux appréhender votre retraite.

Freelance : de quel régime de retraite dépendez-vous ?

Tout dépend de votre statut professionnel. Êtes-vous TNS, assimilé salarié ou salarié ? La première étape est de répondre à cette question.

Le régime des travailleurs non salariés (TNS)

C’est votre cas si vous êtes dans l’une de ces situations :

Vous exercez sous forme d’entreprise individuelle, vous êtes en micro-entreprise (ex auto-entrepreneur), vous êtes associé unique et gérant d’une EURL, vous êtes gérant majoritaire d’une SARL.

Si vous êtes affilié au régime des travailleurs non salariés, il vous faut ensuite identifier votre caisse de retraite : elle dépend de la nature de votre activité. Les commerçants et artisans cotisent à la sécurité sociale des indépendants (SSI), les indépendants qui exercent une activité libérale cotisent à la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), les avocats à la Caisse nationale des barreaux français (CNBF), et beaucoup d’autres professions dépendent de caisses spécifiques (agriculteurs, auteurs, artistes, etc).

Attention : les notions de “commerçants et artisans” de l’URSSAF ne sont pas forcément celles de l’INSEE ou même du fisc. Notez que si vous êtes en EIRL, EURL ou EI, vous êtes soumis à une cotisation minimale qui vous permet de valider 3 trimestres par an, et ce même si vous ne réalisez aucun chiffre d’affaires ou si vous êtes en déficit.

Le régime des assimilés salariés

Vous êtes considéré assimilé salarié si vous êtes rémunéré en tant que :

Président ou directeur général d’une SAS ou SASU, gérant minoritaire ou égalitaire d’une SARL, gérant non associé d’une EURL.

Vous êtes alors affilié au régime général de la sécurité sociale.

Le régime des salariés

Enfin, vous pouvez tout simplement être dans le régime des salariés, même si vous êtes freelance. C’est le cas si vous avez opté pour le portage salarial : vous êtes alors salarié affilié au régime général de la sécurité sociale.

Quelle est la différence entre assimilé salarié et salarié ? Principalement le droit au chômage : il est présent pour les salariés (même en portage) mais inexistant pour les assimilés salariés tels que les présidents de SASU. Bien sûr, tout se paye : ce droit est la contrepartie de cotisations plus importantes.

À quel âge partirez-vous à la retraite ?

L’âge légal de départ à la retraite est aujourd’hui de 64 ans (pour les personnes nées à partir de 1968), et il faut accumuler 172 trimestres de cotisations pour obtenir le taux maximum de 50%. Le taux maximum de 50% peut aussi être atteint automatiquement, même sans avoir les trimestres, à partir de 67 ans.

Qu’est-ce qu’un trimestre de retraite ? La notion de trimestres est cruciale. Elle ne correspond pas aux trimestres calendaires constitués de périodes de trois mois. Lorsque l’on parle de retraite, un trimestre est une période au cours de laquelle vous avez cotisé sur la base d’un revenu égal à 150 fois le SMIC horaire. Au cours d’une année, il est possible de valider de 0 à 4 trimestres, peu importe le nombre de jours ou de mois réellement travaillés.

Ainsi, sur la base d’un SMIC horaire à 11,65€ en 2024, il faut 600 SMIC horaires, soit 6990 € de revenus soumis à cotisations pour valider quatre trimestres par an, peu importe leur répartition dans l’année. Il est ainsi possible de cotiser ses 4 trimestres annuels en quelques mois seulement si vos revenus sont assez importants.

Pour les micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs), le système ne se fait pas sur la base des revenus cotisés mais sur le chiffre d’affaires, ce qui est plus avantageux. Les micro-entrepreneurs au régime général suivent le même principe (150 SMIC pour un trimestre), tandis que ceux affiliés à la CIPAV ont besoin de 200 SMIC par trimestre. Vous pouvez simuler votre âge de départ à la retraite sur le site de l’assurance-retraite.

Décote et surcote

Une fois l’âge minimum atteint, vous pouvez demander (liquider est le terme exact) votre retraite à tout moment. Cependant, si vous n’avez pas vos 172 trimestres, vous subirez une décote : votre retraite de base et votre retraite complémentaire seront amoindries. À l’opposé, vous pouvez décaler votre départ à la retraite et continuer à cotiser même après avoir accumulé 172 trimestres afin d’augmenter votre retraite (surcote). Chaque trimestre supplémentaire cotisé ajoutera 1,25% à votre retraite.

Quel montant toucherez-vous à la retraite ?

Calculer le montant est plus complexe encore que de définir la date de départ à la retraite. En effet, il existe de très nombreux régimes spécifiques, chacun disposant de ses propres paramètres. On peut toutefois généraliser de la façon suivante. Lorsque vous travaillez, vous cotisez à deux régimes :

Le régime général pour la retraite dite “de base”, le régime complémentaire, selon votre métier, pour la retraite dite “complémentaire”. Et lorsque vous êtes retraité, vous touchez :

Le virement du régime général, autant de virements que de caisses complémentaires auprès desquelles vous avez cotisé.

Fonctionnement du régime général pour les salariés et assimilés salariés

La retraite de l’assurance-retraite. En tant que salarié ou assimilé salarié, votre pension de retraite de l’Assurance retraite est calculée en fonction de 3 éléments :

Votre salaire annuel moyen de vos 25 meilleures années, revalorisé de l’inflation, le taux de liquidation de votre pension : 50% dans le cas idéal, votre nombre de trimestres d’assurance retraite par rapport au nombre de trimestres d’assurance retraite requis pour avoir droit à une retraite à taux plein.

La pension sera égale à : Salaire annuel moyen x Taux x (Votre nombre de trimestres d’assurance retraite / Nombre de trimestres d’assurance retraite requis pour avoir droit à une retraite à taux plein), ajustée de la décote ou surcote dont nous parlions plus tôt. Dans le meilleur des cas, votre pension sera donc 50% de la moyenne de vos salaires des 25 meilleures années, auquel s’ajoute une éventuelle surcote.

La retraite complémentaire

La deuxième partie de votre pension est spécifique à vos caisses de retraite. Le système est le suivant : chaque euro versé rapporte des points. Une fois à la retraite, les points sont convertis en euros pour déterminer votre pension mensuelle. Chaque caisse est autonome et a son propre système de points. Les deux paramètres importants sont le coût d’achat des points et le taux de transformation. Certaines caisses proposent des aménagements ou des options pour améliorer votre retraite (surcotisations par exemple).

Pour les professions libérales

Le régime des professions libérales se compose à la fois de la retraite de base et la retraite complémentaire, mais les deux sont sous forme de points.

Le cas des polypensionnés

Si vous avez accumulé au cours de votre carrière des périodes en tant que salarié, profession libérale, freelance au BNC, etc. la règle est simple : les pensions se cumulent.

Retraite et arbitrage de rémunération salaire/dividende

Certains statuts (SASU par exemple) permettent de se rémunérer pour partie en salaire et pour partie en dividende. Le dividende peut paraître attrayant au premier abord car il est soumis à des prélèvements plus faibles qu’un salaire. Cependant, n’oubliez pas qu’un dividende n’entre pas dans l’assiette du calcul de la retraite ! Autrement dit, vos revenus moyens seront plus faibles, et donc votre retraite plus faible que si vous optez pour une rémunération en salaire. À vous de trouver le juste équilibre !

Comment avoir les infos concernant votre propre retraite (freelance ou non) ?

Nous vous invitons à créer votre compte sur Info Retraite pour avoir des informations personnalisées. Vous y trouverez toutes les informations vous concernant connues par les caisses de retraite. Cela vous permettra de vérifier que rien n’a été oublié… et peut-être de constater avec bonheur que vos jobs étudiants vous ont permis de gagner quelques trimestres ! Vous aurez aussi accès à une simulation de votre retraite : âge de départ, estimation du montant de la retraite… selon des paramètres modulables et différents scénarios.

Pour des informations non personnalisées et plus généralistes, nous vous conseillons les guides édités par l’assurance retraite, assez bien réalisés (voir ici).

Comment améliorer sa retraite en tant que freelance ?

Nous avons évoqué des pistes tout au long de l’article :

Cotiser davantage et/ou plus longtemps pour obtenir une surcote, ajouter aux cotisations obligatoires des surcotisations proposées par certaines caisses complémentaires.

Toujours dans le régime par répartition, vous pouvez aussi racheter des trimestres. Cela revient à payer volontairement des cotisations sur une période passée de votre vie afin qu’elle entre en compte dans les calculs. En pratique, le rachat de trimestres est rarement avantageux financièrement comparé au placement de cette somme, surtout si la durée est longue.

Enfin, vous pouvez compléter votre retraite par répartition par un volet de capitalisation. La première option consiste à placer votre épargne sur un produit spécifiquement dédié pour la retraite : le PER (Plan d’Epargne Retraite). Les versements sont, sous conditions, déductibles des revenus au titre de l’impôt sur le revenu. Selon votre statut, ils peuvent aussi être assumés par votre entreprise. Et en tant que freelance, vous avez des plafonds de déduction fiscale plus élevés que ceux des salariés : profitez-en !

L’alternative, plus libre, consiste à épargner et placer un capital sur des produits non dédiés à la retraite (assurance-vie, PEA, immobilier locatif…) afin de créer vos propres revenus complémentaires dont vous pourrez profiter à tout moment sans attendre l’âge légal de la retraite.

Pour plus de détails, n’hésitez pas à consulter notre article entièrement dédié aux placements retraite pour les freelance ! Se créer un volet de retraite par capitalisation est quasiment une obligation pour les TNS, mais même les salariés ont intérêt à se constituer un volet par capitalisation : rien ne dit que les conditions présentées dans cet article ne s’appliquent pas lorsque vous partirez à la retraite !

Questions fréquentes

Répartition ou capitalisation ? Quelles différences ?

Nous vous avons évoqué uniquement un volet du système des retraites : celui de la répartition. Dans le système actuel, les cotisations que vous versez ne sont pas stockées sur un compte qui vous appartient et dont vous disposerez plus tard, elles sont directement versées aux retraités actuels. Lorsque vous demanderez votre retraite, les pensions que vous percevrez seront prélevées sur les revenus du travail des cotisants : c’est le principe de répartition. À l’opposé, la retraite par capitalisation consiste à accumuler une épargne qui vous appartient, et que vous utiliserez en temps voulu.

Les travailleurs indépendants ont-ils une retraite plus faible ?

Certains régimes de retraites sont jugés moins avantageux que les salariés : dans l’imaginaire populaire, les commerçants et professions libérales “n’ont pas de retraite”. En pratique, ce n’est pas le cas. Certes, les prestations servies sont moindres (la retraite complémentaire est plus faible), mais cela n’est que la contrepartie de cotisations plus faibles. Il est implicitement attendu que les travailleurs non salariés et professions libérales s’organisent pour ajouter une brique de capitalisation à leur retraite par répartition. Les cotisations sont plus faibles, mais vous devez faire l’effort de consacrer une part de vos revenus à votre retraite.

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FAQ : Cotiser pour la retraite en tant que freelance

Q : Où cotisent les freelances ?

R : Les freelances ont le choix de travailler en nom propre ou de créer une société. Selon leur statut, ils peuvent dépendre du régime des travailleurs non-salariés (TNS) ou être assimilés salariés. Par exemple, les micro-entrepreneurs, les gérants associés d’une EURL et les gérants majoritaires d’une SARL dépendent du régime des TNS. Les professions libérales cotisent à la CNAVPL, les avocats à la CNBF, et les agriculteurs à la MSA.

Q : Quelles sont les caisses de retraite les plus avantageuses pour les freelances ?

R : Les travailleurs indépendants relèvent généralement de la CIPAV, mais ils peuvent aussi opter pour la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI) dans les 5 ans suivant la création de leur entreprise. Le changement de caisse doit être mûrement réfléchi car il est irréversible et doit prendre en compte le coût de l’affiliation et les prestations proposées.

Q : Comment se calcule la retraite de base pour les freelances ?

R : Pour la retraite de base, sont pris en compte les salaires ou revenus professionnels sur les 25 meilleures années, les trimestres validés et le taux de liquidation de la retraite. Le calcul consiste à multiplier le taux de pension (maximum 50 %) par la moyenne des 25 meilleures années et par le nombre de trimestres nécessaires pour percevoir le taux plein.

Q : Comment fonctionne la retraite complémentaire pour les freelances ?

R : La retraite complémentaire fonctionne par un système de points. Les cotisations ouvrent droit à un certain nombre de points qui seront transformés en revenus sous forme de rente au moment du départ à la retraite. Pour la CIPAV, les cotisations sont forfaitaires et dépendent des revenus, tandis que pour la SSI, elles sont proportionnelles aux revenus.

Q : À quel âge les freelances peuvent-ils partir à la retraite ?

R : L’âge légal de départ à la retraite est aujourd’hui de 64 ans (pour les personnes nées à partir de 1968), et il faut accumuler 172 trimestres de cotisations pour obtenir le taux maximum de 50%. Le taux maximum peut aussi être atteint automatiquement à partir de 67 ans, même sans avoir tous les trimestres.

Q : Comment améliorer sa retraite en tant que freelance ?

R : Plusieurs options s’offrent aux freelances pour améliorer leur retraite : cotiser davantage et/ou plus longtemps pour obtenir une surcote, ajouter aux cotisations obligatoires des surcotisations proposées par certaines caisses complémentaires, racheter des trimestres, ou compléter leur retraite par répartition par un volet de capitalisation via des produits comme le PER, l’assurance-vie, le PEA, ou l’immobilier locatif.